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L’enjeu des stocks dans la transition énergétique

  • Photo du rédacteur: Clara Michaud
    Clara Michaud
  • 15 déc. 2025
  • 5 min de lecture



La transition énergétique repose sur deux piliers indissociables : développer massivement les énergies renouvelables et assurer en permanence l’équilibre entre production et consommation


Or, cet équilibre devient de plus en plus difficile à maintenir : le soleil ne brille pas toujours, le vent ne souffle pas forcément aux heures de pointe… La flexibilité apportée par le stockage d’énergie devient donc un enjeu majeur à deux conditions : pouvoir stocker sur de longues durées (10h à 50h) et disposer d’un pilotage charge/décharge intelligent, doté d’un module prédictif basé sur l’IA.


Dans l’industrie agroalimentaire : la demande de chaleur, de froid ou de vapeur varie fortement selon les cycles de production. Cette question est donc cruciale : comment assurer la continuité sans surdimensionner les installations ? La réponse passe notamment par les stocks thermiques.


L'intégration des énergies renouvelables dans l’industrie exige plus de flexibilité


L’électrification des procédés et l’introduction d’énergies renouvelables dans les usines exigent une flexibilité accrue entre production et consommation.

Figure 1 : Consommation électrique en France au cours d'une journée

Source : EDF


👉 Cette figure illustre les variations quotidiennes de la demande électrique en France, marquées par des creux et des pointes de consommation. Ces fluctuations montrent toute la difficulté de maintenir l’équilibre entre production et demande, en particulier avec l’intégration croissante des énergies renouvelables. D’où la nécessité de solutions de stockage pour absorber les excédents et sécuriser l’approvisionnement aux heures de pointe.


Figure 2 : Évolution du contexte énergétique en France - comparaison juin 2019/2025


Source : RTE


👉 Cette figure compare les variations horaires des tarifs de l’électricité et du gaz en France sur le même mois en juin 2019 et 2025. Elle met en évidence l’augmentation de la volatilité des prix de l’électricité et l’écart croissant entre les heures creuses et les heures pleines. Ces fluctuations, associées au coût du gaz, créent un contexte favorable au développement du stockage thermique valorisant l’électricité, qui permet de profiter des heures creuses pour produire et stocker de la chaleur, avant de la restituer aux heures de pointe.


Ces dernières semaines en octobre et novembre 2025 , la variation oscille d’un coefficient supérieur à 100 entre 190 €/MWh et 0,5 €/MWh


Le défi de l’équilibre offre - demande


Pour maintenir en permanence l’équilibre du système électrique, les industriels sont incités à moduler leur consommation selon ces deux mécanismes complémentaires :


  • L’effacement : réduire volontairement ou automatiquement leur consommation lors des périodes de pointe, afin de limiter la sollicitation de moyens de production coûteux ou fortement émetteurs (gaz, charbon).


  • La stimulation : au contraire, augmenter leur consommation pendant les heures creuses, lorsque l’électricité est abondante et moins chère, par exemple en déclenchant certains procédés ou en rechargeant des équipements.



Figure  2 : Illustration des sources de déséquilibre et des outils d'équilibrage




Source : ADEME


👉 Cette figure met en évidence les sources de déséquilibre du système électrique : la variabilité de la demande et l’intermittence des énergies renouvelables. En parallèle, elle présente les principaux outils de rééquilibrage aujourd’hui mobilisés : centrales de production programmables (souvent fossiles), stockage, gestion de la demande (effacement ou stimulation) et interconnexions. On comprend ainsi que, sans développement massif du stockage, l’équilibre repose encore largement sur les moyens fossiles.


Les données publiques de éCO₂mix, l’outil de suivi en temps réel de RTE, montrent bien ces déséquilibres : la production renouvelable ne coïncide pas toujours avec les pics de consommation, les émissions de CO₂ varient fortement selon que le système doit mobiliser ou non du gaz ou du charbon pour équilibrer le réseau.



L’électricité, difficile à stocker… contrairement au pétrole


Historiquement, les énergies fossiles ont bénéficié d’une flexibilité naturelle : le pétrole ou le gaz se transportent assez facilement, ils se stockent massivement dans des cuves ou réservoirs stratégiques.


À l’inverse, l’électricité est difficile à stocker à grande échelle. C’est l’un des principaux freins au déploiement massif des énergies renouvelables.


Certes, les batteries stationnaires progressent, mais leur capacité reste limitée à 2 à 4 heures, alors que les besoins réels sont environ 10 fois supérieurs au vu des déséquilibres observés.


Certes de nouvelles pistes émergent, comme par exemple :Le Vehicle-to-Grid (V2G) : stocker l’énergie dans les batteries de véhicules électriques en heures creuses, puis la restituer lors des pics de consommation. Principe que l’on pourrait potentiellement appliquer à plus grande échelle industriellement.


Et bien d’autres, mais la plupart des offres ne sont pas encore matures pour une demande de marché naissante, de plus en plus pressante.


Avec près de 60% des consommations énergétiques industrielles dédiées à des usages thermiques, le stockage thermique longue durée apparaît comme une solution incontournable pour valoriser pleinement l’énergie électrique.


Les stocks thermiques longue durée : une alternative possible


Une alternative robuste consiste à travailler directement sur les stocks thermiques, qui deviennent un véritable hub de décarbonation lorsqu’ils sont intégrés entre la salle des machines et les procédés industriels.


Figure  3 : Exemple d’architecture avec l’introduction de stocks thermiques


Source : PackGy


Ce schéma met en évidence la capacité des stocks thermiques à relier efficacement les énergies renouvelables aux besoins industriels, tout en garantissant stabilité et performance.


Ces stocks thermiques permettent notamment de :


  • D’augmenter de plus de 30% le COP (efficacité énergétique) des machines thermiques en produisant du froid la nuit et, à l’inverse, en optimisant les cycles des pompes à chaleur.

  • Baisser le prix du kWh électrique consommé en privilégiant les heures creuses.

  • Lisser les pics de consommation et réduire de moitié le dimensionnement des installations énergétiques.


  • Stocker la chaleur fatale pour la restituer efficacement au bon moment.



Comme le souligne Philippe Loiseau, co-fondateur de PackGy :

"L’enjeu principal pour nos clients est leur capacité de gestion de cette double saisonnalité sur une semaine complète, celle qui permet de répondre aux enjeux de lissage de la consommation tout en assurant aux industriels leurs besoins de production. Suivant les cas, le besoin se situe en général entre 15 et 40 heures de stock. Ce qui dépasse assez largement le spectre des utilisations de batteries."



Nous avons conçu cette solution de stockage thermique latent spécifiquement pensée pour l’industrie, avec :


  • Un capex au kWh qui baisse très sensiblement pour les capacités > 10 heures de décharge (<40 €/kWh), voir bien dessous pour les capacités > 20 heures.

  • Une intégration simple dans les salles des machines existantes.

  • Une densité de stockage 5 à 6  fois supérieure au stockage thermique sensible et à température constante.

  • Un coefficient de restitution > 95%.

  • Une technologie polyvalente, qui permet de stocker le froid à différents niveaux de températures et qui sera capable dans un proche avenir de stocker également le “chaud”.




En conclusion


La transition énergétique ne pourra fonctionner sans un déploiement massif du stockage d’énergie, condition indispensable pour exploiter pleinement le potentiel des énergies renouvelables.


Dans l’industrie agroalimentaire, mais plus largement dans l’ensemble du secteur industriel, les stocks thermiques latents apportent une réponse à la fois simple, robuste et directement opérationnelle : lisser la consommation, réduire les investissements, valoriser les chaleurs fatales et renforcer la résilience des sites de production.


Chez PackGy, nous sommes convaincus que le stockage thermique doit devenir la clé de voûte d’un système énergétique plus flexible et décarboné. Notre ambition est claire : proposer aux industriels des solutions concrètes qui rendent la transition non seulement possible, mais rentable et durable.


Cet article marque le premier épisode de la série “PackGy & la révolution du stockage thermique”, dans les prochains articles nous parlerons des 7 effets de leviers du BIO-LAPS : Notre Hub de la décarbonation.



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